Une question d’organe

question d'organeNos clients nous veulent pour notre organe… et non, je ne parle pas de nos cordes vocales.

Commençons par une lapalissade : bien évidemment, notre métier est de bien parler. Mais penser que c’est notre seule tâche serait passer à côté de l’essentiel.
Qu’attend-on d’abord et avant tout de nous, me demanderez-vous ? Que nous écoutions. Que ce soit en séance en studio, en séance dirigée à distance ou pour une séance ou nous nous autodirigeons suite à un brief, notre travail est avant tout d’écouter ce que le client veut de nous.

On nous choisit pour notre voix, on nous rappelle pour nos oreilles.

Nous somme simplement comme un musicien dans un orchestre. Nous devons suivre le chef d’orchestre, et travailler en harmonie avec les autres musiciens. Simplement jouer la musique de la partition sans prendre en compte les autres éléments ferait de nous un piètre musicien qui ne sera pas souvent rappelé. Si nous jouons avec ces autres éléments en y amenant notre talent, nous serons en demande.

En voix off, c’est exactement la même chose : l’égo n’a pas sa place. Le chef d’orchestre, c’est le client, les autres musiciens, ce sont l’ingé son, les images, la musique et les SFX, et le script. Commençons par écouter ce que veut le client. Soit de vive voix, soit par un brief. Pas de brief ? Il ne faut pas hésiter à poser des questions. À qui nous adressons-nous ? Combien de personnes ? À quelle distance se trouvent-elles ? Quel ton ? intime et chaleureux ? Sérieux et faisant autorité ? Introversion ou projection ?

Si nous sommes en studio, il est impératif d’écouter aussi l’ingé son. C’est notre meilleur ami. Les images, la musique et les SFX nous dictent le rythme, un peu comme un métronome. Le script lui-même contient son propre rythme.
C’est seulement en suivant, et en respectant tous ces différents éléments que nous pouvons y amener notre interprétation, notre valeur ajoutée.

Même si la séance ne va pas comme nous voulons, ne jamais être irrité. JAMAIS.

citationPour un DA, rien n’est pire qu’un comédien voix qui fait sa diva. Donc, même si le client veut encore une autre prise – oui, la 23ème, il faut rester serein. Peut-être veulent-ils explorer différentes directions, peut-être veulent-il couvrir tous les angles, peut-être veulent-ils présenter des interprétations diamétralement opposées à leur client (pour en utiliser certaines comme ‘repoussoir’ afin de leur ‘vendre’ celle qu’ils préfèrent, c’est la raison pour laquelle ils nous demandent des intonations qui paraissent inappropriées), peut-être attendent-ils d’entendre LA prise pour savoir que c’est LA bonne, peut-être ne sommes-nous tout simplement pas encore en phase avec le producteur, peut-être… peu importe.
Le producteur n’est pas un personnage diabolique dont la seule raison d’être est de nous faire souffrir, il n’a rien contre nous, il cherche simplement à mettre en boîte le résultat qu’il souhaite. Si nous nous énervons, il s’énervera aussi, rien de bien ne se produira, et il ne nous rappellera jamais. Rester calme, chercher à comprendre, poser les bonnes questions calmement en cherchant réellement à comprendre ce qu’on attend de nous, voilà la recette pour être rappelé.

Un conseil qui s’applique à bon nombre de situations, y compris nos séances : utiliser ses organes dans le bon ordre. Je vous le garantis, ça marche beaucoup mieux comme ça !

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